L'O.A

[](http://[URL=https://www.casimages.com/i/181026051539405167.jpg.html][IMG]https://nsa39.casimages.com/img/2018/10/26/181026051539405167.jpg[/IMG][/URL]) Je l’entends elle me murmure des propos inaudibles, une caresse dans un endroit dénué de chaleur. J’ai beau être un monstre, mon cœur lui est humain et d’ailleurs je le préserverai ainsi jusqu’à ma mort. Cette voix remonte dans mon âme, je la sens me traverser complétement et même si des fois je m’y oppose, je la laisse au final me submerger. Car… …Quand la solitude vous prend, et que vous n’ayez que comme voisins des êtres sans sentiments. Alors l’envie vous vient d’entendre cette voix qui sommeille en chacun de nous, cette parole que l’on terre dans les profondeurs de notre âme. Mais sachez que tout revient même si vous, vous y opposiez avec force. La plus dure des pierres se fend et laisse couler une larme. Je l’ai vu ce petit garçon, dans cet endroit ignoble, il regardait dans toutes les directions. Il semblait perdu, comme moi à son âge. Moi qui suis de nature si méfiante… J’ai baissé ma garde à ce moment-là ; la pierre s’est fendue et la larme fut ma faiblesse. J’ai alors vu tout mes souvenirs de jeunesse, moi et mon sourire. Moi et le soleil, ce si beau et radieux soleil qui m’éclairais de sa bienveillance. Moi et mes pieds sur le sable chaud qui saisissait chacun de mes pas. Libre, belle, mais surtout dans la lumière. Alors… Oui ! Oui, j’ai craqué en le voyant. Je me suis vu dans ses yeux, et puis il s’est retourné… …Là, j’ai compris. Son visage était le même que le mien, sauf qu’il venait d’être consumé par son symbiote. Avant même de le réaliser, il s’est jeté sur moi et dans un flash tout s’envola avec. Le sable, le soleil, la caresse, et le murmure. « Qui était-il ? » La première phrase qui me sortit de ma torpeur, il semblerait que je parlais à voix haute. —Je l’ignore, un garçon qui s’est malheureusement pris dans le piège d’une créature du néant, lui ai-je répondu avec confusion. —Et vous, quel est votre nom ? —Je suis Kai’sa. Il toucha mon bras, ce qu’il examinait, c’était le chose qui collait à ma peau. —Je vois, je vais vous donner des onguents pour vous rétablir le plus vite. Vous devriez maintenant, retourner dans le néant. Je fus surpris par ses propos, c’était le premier humain que je voyais depuis si longtemps. Mais lorsqu’il me parla ainsi, c’était comme si j’étais à ses yeux une chose qui n’avait pas sa place dans ce monde. —Je le sais… Ma place n’est pas ici. —Non détrompez-vous, je ne cherchais pas à vous blesser. Ce que je veux dire, c’est que vous êtes indispensable. A votre manière vous permettez à ce monde de vivre un peu plus chaque jour. Il enleva le bandeau qui couvrait ma vue, ma vision vrilla, je ne pouvais voir que sa silhouette qui se déformait à mesure qu’il reculait. Il me laissa dans sa tente qui devait sans doute nous servir de refuge dans le désert. Tout ce que je pus entendre à la fin, c’était un chariot à bibelots au bruit cinglant. Longtemps je mis avant de recouvrer mes forces, et puis tout devint clair. Le murmure était sa parole, la caresse ; ses soins qu’il m’appliquait. Tout ce qu’il me restait de ce docteur ambulant, c’était une note : L’O.A (l’obscurité apaisante)
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