Riven et Yasuo - Les tempêtes du passé

Bonjour à tous ! Ceci est ma deuxième histoire sur des personnages de League of Legends — [la première, sur Aatrox](http://boards.euw.leagueoflegends.com/fr/c/creations-de-la-communaute-fr/5wzzlzpA-aatrox-lhistoire-dun-craoateur) — cette fois-ci sur Riven et Yasuo. ~~En voici donc la première partie ! :)~~ Voici l'histoire :D (Le forum ne me permet pas de réutiliser la mise en page que j'ai normalement...) **Edit :** 1re et 2e partie ! **Edit2 :** Histoire finie :) *** *** *** *Chapitre 1 - L'errance* Riven s’assit sur le tronc nu avec un soupir las, et posa sur ses genoux son épée aux reflets d’émeraude. Contemplant la clairière qui s’étendait devant elle, elle savoura la quiétude que le soir l’autorisait à ressentir. La lumière perçante du soleil s’était faite moins agressive, moins inquisitrice, et la tiédeur du crépuscule était comme un voile protégeant ses blessures du regard du monde. Ce n’était qu’un jour, un jour de plus parmi des centaines d’autres lui ressemblant, un autre jour qu’elle avait passé à guérir la nature des atrocités que les guerres lui faisaient subir. C’était de cette façon qu’elle ressentait le pardon qu’elle recherchait. Car les soins qu’elle prodiguait à la nature purifiaient surtout son âme des mêmes plaies dont elle était meurtrie. Ici, il ne s’était agi que d’esprits maléfiques contaminant la forêt. Des ombres noires flottant entre les arbres, dont le souffle répandait des relents de mort ; les crépitements électriques parcourant leur corps immatériel projetaient une lumière bleu nuit sur les feuillages se courbant à leur passage. Mais ce n’étaient que des êtres primitifs. Ils se battaient uniquement en aspirant le courage que leurs adversaires couvaient dans leur cœur ; celui de Riven résidait dans sa volonté de racheter son passé sans avoir à craindre de le perdre… Et pour cette raison, ils ne pouvaient lui ôter la résignation qui l’aurait habitée quand bien même sa bravoure l’aurait désertée. Aussi rapide que le vent, elle les avait éliminés en l’espace de quelques battements de cœur. Ces créatures n’éprouvaient pas de regret… et la rédemption n’était plus à leur portée. L’exilée savourait maintenant la récompense que ses actes lui avaient accordée. La brise qui caressait ses cheveux d’ivoire charriait cette paix qu’elle avait rendue à la forêt. Et après avoir avalé un dîner sommaire, Riven étendit sa couverture au pied d’un arbre et s’y drapa, la garde de son épée sous sa main. Elle sentait toujours le poids familier du remords oppresser son âme, et tout ce qu’elle faisait pour s’en libérer ne faisait que l’en délivrer d’une infime partie. ------------------------------ La tempête faisait rage autour du samouraï, mais elle ne provoqua pas un remous sur l’onde de son esprit. Le vent fouettait violemment les rochers autour de lui ; l’herbe dominée ployait sous sa violence, et son regard se posa sur une fleur qui, après quelques secondes de lutte désespérée, fut arrachée du sol où elle s’était enracinée, et périt. Jusqu’au souffle d’agonie qu’elle aurait pu pousser en son dernier instant fut emporté par son adversaire… Des destructions inutiles. La tempête n’était pas un ennemi contre lequel il fallait se dresser, et qui plus est en vain. Et depuis qu’il l’avait appris, le vent était toujours resté de son côté. Tout comme la mort. C’était porté par son souffle que Yasuo avançait, toujours autant à l’aveugle qu’au jour où sa fuite avait débuté, il y avait deux mois de cela. Mais il n’aurait de cesse que quand la mort viendrait finalement chercher soit lui, soit l’assassin de l’Ancien. Deux mois que sa seule indication était que son ennemi connaissait lui aussi les techniques légendaires du vent… et qu’il portait sur ses épaules le poids d’un passé qu’il n’avait pas vécu, mais aussi de la mort de son frère qu’il avait, cette fois-ci, causée de lui-même. Alors pour que Yone n’ait pas péri en vain, et pour qu’il puisse racheter les crimes dont on l’accusait à tort, il leur imposerait la vérité. C’était cette détermination qui l’animait tout au long de sa fugue, où il faisait autant office de proie pour Ionia que de chasseur pour le meurtrier de l’Ancien. Et il ne faillirait pas. Car même si c’était au gré des vents qu’il errait dans Runeterra, un vagabond n’était perdu nulle part. Ceux-ci le guidèrent jusqu’à une caverne, où il choisit de s’arrêter pour passer la nuit. A l’intérieur, le souffle aurait paru l’avoir abandonné. Quand il s’habitua à la pénombre de la grotte, il y distingua des silhouettes, se découpant faiblement dans le noir. Des formes humanoïdes, et ailées. L’une d’entre elles ouvrit les yeux, puis une deuxième, une troisième… et enfin dix – non, onze – paires d’yeux rougeoyants pointaient vers lui, brillant dans l’obscurité. Les créatures s’approchèrent lentement, tandis que Yasuo esquissait un prudent mouvement de recul. Soudain, celle l’ayant regardé le premier plongea vers lui, mâchoire ouverte, griffes tendues, les serres prêtes à lacérer et les dents à déchiqueter. Il esquiva l’attaque avec fluidité, puis se redressa. Yasuo tira sa lame qui émit un harmonieux bruit en quittant son fourreau. La tempête n’atteignait pas la caverne. Mais elle ne quittait jamais son cœur. Il était prêt. ------------------------------ _ L’exilée repoussa l’attaque du soldat ionien d’un coup sec, avant de s’élancer en avant, et de mobiliser son énergie pour projeter une décharge de ki autour d’elle. Au bout d’une seconde presque entière, il n’était toujours pas parvenu à se ressaisir, et chancelait encore sous le choc… quand la lame runique chargée de la guerrière Noxienne le décapita. Elle voulut profiter de cet éphémère répit pour analyser la situation, mais la fumée brunâtre qui recouvrait le champ de bataille la perturbait, et, au beau milieu du tumulte de la guerre, elle n’arrivait plus à trouver cette concentration, cette clarté qui l’accompagnait toujours. _ _Quand les combats se calmèrent finalement un peu autour d’elle, elle rassembla quelques hommes de son escouade, et les dirigea vers le palais ionien dont leurs forces avaient libéré l’accès à une sortie de secours. Ils arrivèrent devant celle-ci… Elle tituba, s’appuya contre le mur, et fut prise d’une violente quinte de toux. Ses yeux et sa gorge la brûlaient… Ils entrèrent dans la tour, gravirent les marches. _ ------------------------------ _ La guerrière stoppa ses troupes. Ils étaient encerclés. Leur mission était accomplie, mais les Ioniens les avaient rattrapés et étaient en surnombre alarmant. Sans la moindre émotion, elle jeta un coup d’œil à ses hommes, puis brandit son épée, et se jeta sur les ennemis. Les Noxiens l’avaient suivie, et luttaient ardemment dans le sillon qu’elle avait ouvert. Elle semblait voler au milieu des Ioniens, portée par des ailes, des ailes étendues au-dessus du carnage et gonflées par le vent. Mais ils ne pouvaient pas remporter ce combat. Leurs ennemis étaient beaucoup trop nombreux…_ _C’était à ce moment qu’elle l’aperçut. Singed. Lui aussi savait qu’ils allaient perdre sur ce front. Mais la victoire n’échapperait pas à Noxus. Elle vit l’alchimiste attraper la bouteille fixée sur son dos. L’ouvrir, et l’enflammer. Puis la lancer… dans leur direction. _ _ Malgré ses sens et son esprit altérés, elle put plonger au sol, et mobiliser son ki pour qu’il forme une barrière autour d’elle. Et le monde explosa. Pendant de longues secondes, l’enfer se déchaîna tout autour d’elle, et quand tous ses sens cessèrent de la vriller, elle releva un instant la tête. Des braises, du feu, des cendres volantes, étaient tout ce qui restait. Le mélange biochimique de Singed avait dû remplacer tout l’oxygène… Les poumons incandescents, elle suffoquait… _ ------------------------------ Les mains plaquées sur le torse, elle tentait de reprendre son souffle. Elle toussait douloureusement, ne parvenait plus à respirer l’air de la forêt. Elle porta une main fébrile au sac qui reposait contre elle, en sortit sa gourde, l’ouvrit avec des gestes imprécis, et en but de longues gorgées alors qu’encore une autre quinte de toux déchirait sa gorge. Puis elle retomba au sol, et inspira profondément, remplissant enfin ses poumons torturés de l’oxygène qu’ils réclamaient. Riven se redressa finalement, s’adossa à un arbre. Le pâle soleil de l’aube gagna timidement son visage. Elle avait survécu à l'attaque de l’alchimiste noxien. Mais ses blessures étaient toujours ouvertes. C’était à la guerre qu’elle avait dédié sa vie depuis sa jeunesse… et de tels massacres insensés ne faisaient pas partie de ces combats qu’elle recherchait. Et depuis, elle n’avait fait que chercher à accomplir ce qui rachèterait ces crimes qu’elle avait commis. Ses mains étaient souillées ; tant l’intervention de Singed que la mission de lâche assassinat qu’on lui avait confiée l’avaient brisée. C’était suite à cela qu’elle s’était exilée, suite à cela qu’elle avait quitté le monde que Noxus lui avait créé, pour rebâtir le sien. Mais c’était sans but précis qu’elle progressait. Elle ne savait pas quelle forme devrait prendre cette rédemption. Toutefois, comme son passé n’était qu’un vecteur de blessures, elle n’avait rien à perdre en agissant ainsi, au hasard. Elle découvrait une nouvelle voie, qu’elle arpentait depuis seulement deux mois, et ne désirait plus employer sa vie à pratiquer l’ancienne. Pas complètement reposée par son sommeil perturbé, elle se remit cependant en route, ne voulant pas perdre son temps à ne pas chercher même s’il ne la dérangeait pas de le perdre d’une autre façon parce qu’elle ne trouverait rien. Si cela pouvait lui permettre d’un jour soigner les ailes de son cœur, brisées par le remords… Au bout de quelques heures, Riven avait quitté la forêt, et avait atteint un plateau rocailleux. Elle s’arrêta un instant, regarda autour d’elle… et se figea. ------------------------------ Yasuo était déjà réveillé depuis presque deux heures, quand il se résolut finalement à partir de son abri. Deux heures qu’il avait passées à écouter le murmure du vent, posté à côté de l’entrée de la caverne. Deux heures où il avait laissé cet élément souffler contre son corps, bruisser à ses oreilles, circuler dans son cœur. Deux heures qu’il avait aussi passées à s’entraîner, et à réfléchir. Son esprit autant que sa lame devraient être affûtés quand il obtiendrait finalement de rencontrer son némésis. Si la veille au soir, il avait décimé les créatures qui l’avaient attaqué, cela ne lui avait rien donné. Ses assauts fulgurants l’avaient fait triompher d’elles sans qu’il ait eu besoin de se surpasser, et toutes avaient trouvé la mort par l’épée et le vent mêlés en une tempête d’acier. Et quoi qu’il en soit, ce n’était que la mort, rien de sérieux… En refermant à demi l’ouverture de la grotte, le samouraï traça de la pointe de son épée une marque circulaire autour de ses pieds, comme pour appeler le vent, et lui rappeler qu’il était encore le seul à ses côtés. - Je suivrai ce chemin jusqu’à la fin… Guide-m’y, je refuse de fuir encore. Et il suivit le vent, surveillant toujours ses arrières, espérant à chaque coup d’œil que ses poursuivants n’avaient pas encore retrouvé sa trace. Petit à petit, l’herbe se raréfia, et fut remplacée par de plus en plus de cailloux, qui finirent par être le seul paysage, alors qu’il atteignait un plateau un peu en hauteur ; plus près des cieux, des sources du vent… Un sentiment le frappa. Il n’était pas seul… Il fit encore quelques pas, puis plissa les yeux pour examiner les alentours… et son impression lui fut confirmée. Une silhouette, plus loin devant lui, qui s’était elle aussi arrêtée. Il s’approcha d’elle, désormais attentif à tout ce qui l’entourait. ------------------------------ L’homme avançait vers elle. Mais elle le reconnaissait. Qui pouvait-il… non, son doute s’avérait effectivement être vrai. Elle l’avait déjà rencontré. Sur les terres ioniennes. Lors de l’invasion. Le temps serait-il venu ? --- Il fronça les sourcils. - Vous… Vous êtes une Noxienne, non ? - Je l’étais. Je ne suis plus que moi-même. - Mais nous nous sommes déjà rencontrés. Et dans des circonstances défavorables. - C’est juste, Ionien. Je dirigeais l’escouade qui a pris d’assaut la tour ouest lorsque nous vous avons attaqués, répliqua Riven, son visage ne trahissant pas la moindre émotion. Car si elle devait affronter son propre passé, elle n’en avait plus peur. Un zéphyr traversa le plateau. Le samouraï le sentit, le sentit ralentir en passant à côté de son interlocutrice. Sentit celle-ci l’accepter, l’accueillir. Une technique de vent. - La tour de l’Ancien. Alors c’était vous… vous qui l’avez tué… constata Yasuo, lui aussi étonnamment calme. Mon nom est Yasuo. Comment vous appelez-vous, Noxienne ? Le vent se leva à nouveau, sifflant par-dessus le bruit de leurs paroles. Riven attendit que son souffle se soit calmé pour répondre : - Riven. Mais ne me qualifiez pas de noxienne. Je vous l’ai dit, ceci appartient à mon passé, et je combats pour qu’il ne me définisse plus. - Vous le fuyez ? - Non. Je change le présent pour compenser les répercussions que mes actes passés auront sur le futur. - Très bien, Riven. J’ai moi aussi les souillures d’un passé à laver. Je suis parti au front quand je devais défendre l’Ancien que vous avez tué. Je porte depuis lors son assassinat sur mes épaules. Tous me voient comme tel, et pas un seul n’est resté à mes côtés. Moi aussi, Riven, je me bats pour cette cause. Et c’est contre vous que je me battrai. L’exilée était surprise, bien qu’elle se fût juré d’être préparée à tout. Elle ne voulait pas commettre à nouveau ses erreurs du passé… mais elle ne se soustrairait pas à un duel, pas avec l’éducation qu’elle avait reçue. Mais peut-être était-ce enfin ce qu’elle avait recherché si longtemps… C’était une attaque nécessaire. Soudain, le sol trembla. Les deux guerriers titubèrent, écartèrent chacun leurs jambes pour garder l’équilibre. Mais les secousses s’intensifièrent, et ils sentirent sur eux le picotement familier de la magie. Et les roches se fendirent, la terre explosa dans une colonne de flammes. Le sort s’activa, et ils se volatilisèrent, tous deux téléportés loin du plateau dévasté. Loin au-dessus des roches brisées et fondues, au-dessus du cratère fumant, deux silhouettes se heurtèrent une dernière fois haut dans le ciel. Un tourbillon orageux naquît dans les airs, et l’une d’elles fut balayée avant de lentement chuter vers le sol. L’autre se détourna, repartit en ondulant dans les hauteurs célestes. *** *** *Chapitre 2 - La rédemption* Riven se releva péniblement, parcourue de grésillements douloureux. Elle avait réapparu dans une plaine dévastée, où quelques touffes d’herbe éparses s’étaient battues avec acharnement pour s’élever de quelques centimètres. Quand elle eut trouvé son équilibre, elle tourna la tête, chercha où elle avait pu atterrir. Mais cet endroit lui semblait désagréablement familier… Quelque chose, au nord. Elle plissa les yeux… Des lumières… Une masse, indistincte… et une sorte de halo. L’aura de protection d’une magie claire… L’exilée fut soudain saisie d’un pressentiment. Elle fit quelque pas dans la direction opposée. Fit appel à ses souvenirs… elle continua à marcher, apparemment au hasard, mais elle connaissait le chemin par cœur. Elle l’avait déjà parcouru. Elle l’avait à nouveau traversé, des dizaines de fois, dans son sommeil. Elle était en face d’Ionia. Dans la plaine, dans la plaine où elle avait assisté au massacre perpétué par Singed… et duquel elle avait été complice… Riven revint sur ses pas. Ce Yasuo… c’était ici qu’elle l’avait vu ! Dans cette même plaine… alors qu’elle était en train de décimer les rangs ioniens, il avait bloqué sa lame, et l’avait repoussée. Trop habituée à mener ces assauts à un contre vingt, elle s’était immédiatement détournée, et s’était éloignée de lui aussi vite que possible, avant de continuer à taillader les rangs ennemis, rencontrant autant de résistance que le vent dans des fleurs. Mais alors, elle n’avait pas été la seule survivante ? Elle devait le retrouver. C’était le seul moyen qu’elle avait encore de retrouver l’idéal qu’elle avait par le passé suivi, puis qu’elle avait quitté, ne s’en apercevant que quand il était bien trop tard. Combattre. Combattre pour un but, combattre pour l’honneur. Sans exécuter d’innocents n’ayant pas la moindre chance. L’homme qui s’était adressé à elle était son ennemi, cherchait la vengeance qu’il avait méritée. Mais il semblait lui aussi tenir à l’honneur. Elle lui donnerait ce duel qu’il voulait ! L’exilée arpenta une dernière fois le chemin hantant ses rêves. Mais pour cette fois-ci, elle n’était plus perdue. Sa destination était claire, son but précis. Une attaque nécessaire… Elle devait retourner au plateau rocailleux où le guerrier l’avait abordée. Elle tira son épée, enserra le fragment de la lame runique. Ce qui avait été brisé pouvait être reforgé. *** Yasuo sauta de la branche, et retomba au sol dans une roulade pour amortir la chute. Il se redressa souplement. Il s’était retrouvé en haut de cet arbre, sans savoir comment, sans non plus savoir ce qui s’était passé, quelle était l’origine du sort qu’on leur avait lancé pour qu’ils soient expulsés du plateau. Mais il avait déjà vu cet arbre. Il s’appuya contre lui. *L’arbre était un pilier…* qui lui sembla instable sous son poids. *Un pilier du passé.* Des gestes lui revinrent en mémoire, instinctifs. Il tira de son fourreau son épée à la lame si fine, et mima un combat, contre un adversaire imaginaire. Il se jeta en avant, fit décrire à sa lame un cercle tranchant, qui généra une violente bourrasque. Le samouraï s’élança en l’air, porté par le vent ; toujours en suspension, il donna trois précis coups d’épée avant de retomber au sol. C’était ici. Ici qu’il avait vu son frère pousser son dernier soupir. Son frère, son ami et son guide, qu’il avait tué parce que lui avait respecté son code. Parce qu’il voulait abattre le traître qu’il voyait en Yasuo. A cause de l’assassinat de l’Ancien… par Riven. Cette même jeune femme qu’il avait rencontrée sur la plaine rocheuse. Il prit enfin conscience de l’ampleur de ce qui s’était passé. C’était elle, elle qu’il avait recherchée pendant si longtemps. Elle à cause de qui il avait perdu sa patrie, son frère, son nom. A cause de qui il était disgracié. Non… c’était impossible… il avait été si près, si près de pouvoir leur révéler à tous la vérité ! Il la retrouverait. Il savait qu’elle le chercherait aussi. Cette fois-ci, rien sur le plateau ne l’empêcherait de l’affronter, et il la vaincrait. Yasuo réalisa alors ce qu’il était en train de faire. Il laissait la colère s’emparer de lui, sa présomption le submerger encore. Il avait déjà vu Riven se battre. Il savait qu’elle était un adversaire de valeur. S’il voulait la victoire, il devait rester maître de ses émotions, libre de ces entraves qu’il s’était imposées quand l’Ancien avait été assassiné. Il coupa un tronçon de bois dans une branche de l’arbre sur lequel il s’était retrouvé juché, en retira l’écorce, puis tailla une petite flûte dans le bois. S’asseyant en tailleur, il souffla au travers de l’instrument, se forçant à écouter la musique qui en sortait, se forçant à respirer à son rythme. Il sentit à nouveau le souffle du vent tournoyant autour de lui, entendit ses paroles envoûter son esprit. Cette fois-ci, il était prêt. Volonté et détermination seraient son arme et son bouclier. Sa lame paraissait toujours si lourde, mais il refusait de fuir encore… *** Il ne leur avait fallu que deux journées pour regagner l’endroit où ils s’étaient déjà croisés. Yasuo était déjà arrivé depuis une heure environ quand Riven le rejoignit, et découvrit elle aussi ce qu’était devenu ce lieu ; là où s’était étendu un terrain plat, régulier et surtout paisible, c’était sur un assemblage de rochers dévastés, d’anfractuosités abruptes et de fentes traîtresses que la nuit gagnait ses droits. Les minéraux fendus et meurtris ne laissaient plus que peu d’abris stables… et pourtant le samouraï ne semblait pas le moins du monde déséquilibré, le dos contre un appui rugueux et irrégulier. Ses yeux étaient clos. Mais ce fut lui qui prit la parole, à l’arrivée de son adversaire. – Tu ne peux te fuir toi-même, Riven. J’ai essayé. Mais je vais mettre fin à tes souffrances. – Je n’ai pas perdu mon courage, Yasuo. Le fardeau du passé… c’est ici que je le purgerai. – Un choix honorable. Mais l’esprit reste aussi brisé que la lame, je suppose… – Mes ailes sont brisées. Mais j’ère depuis si longtemps, et aujourd’hui, je me battrai… au nom du bien ! A ces mots, l’exilée tira son épée, saisit la garde d’une main, le tranchant de l’autre, et ferma les yeux. Les runes gravées sur le lame luisirent, et du fragment brisé, dans un bruit limpide, l’arme se reforgea. Elle rouvrit les yeux, qui brillaient d’un éclat renouvelé. Une seule émotion se lisait encore sur son visage. La détermination. – Me voilà éveillée. Yasuo se redressa et se mit à son tour en garde. – Ne ressens-tu rien en utilisant cette arme par laquelle tu as sans pitié éliminé tant des miens ? Par laquelle tu es devenue un monstre ? Qu’est-ce qui pèse le plus, Riven ? Ta lame, ou ton passé ? – Le passé est fini. Il n’y a pas d’autre choix. Je connais maintenant mon but. Alors bats-toi ! Sa voix, profonde, se répercutait encore entre les rochers quand elle s’élança sur lui. L’éclat d’émeraude des runes s’infiltrait dans les fissures du sol lorsqu’elle donna un large coup de taille. Yasuo repoussa l’épée d’un coup sec, et dans le même mouvement, se fendit d’un geste foudroyant. Riven recula et esquiva le coup, mais les étincelles émanant de la lame laissèrent une marque fumante sur son poignet. Il poussa son avantage. Une deuxième frappe rapide, une troisième… encore une… La guerrière bloquait chaque attaque mais cédait du terrain. Et Yasuo vit la faille. Avançant un genou, il porta un coup d’estoc. Il manqua, mais Riven trébucha sur une marche naturelle. Elle perdit l’équilibre. Tenta de se ressaisir… en vain. Elle se laissa tomber. Atterrit souplement deux mètres plus bas, et se remit en garde, prête à punir son adversaire s’il s’exposait en la rejoignant. Ce qu’il fit. Il se laissa tomber… apparemment. Au moment où Riven s’avançait, il prit appui sur le mur dans un geste impressionnant de précision et bondit en avant. Frappa depuis les airs… elle fut plus rapide. Elle saisit son bras au vol, et lança une décharge de ki. Le samouraï fut stoppé net. Il recula à temps… l’épée runique fendit l’air à un pouce de son épaule. Emportée par son élan, elle dut reculer d’un pas. Yasuo prépara un nouveau coup… elle attendit le dernier moment. Et sauta. Vers son adversaire. Son ki causa une explosion runique. Yasuo fut expulsé, et tomba au sol ; Riven se rua vers lui pour le décapiter – il brandit sa lame à deux mains, et frappa dans le vide. Mais quand la guerrière arriva, une tornade naquît devant le samouraï, et à son tour, elle fut repoussée. Mais il réagit plus vite. Avant même qu’elle n’ait touché le sol, il l’avait rejointe et porta trois coups dans les airs pour finalement la projeter sur le rocher. Elle s’était protégée de l’acier en élevant une barrière runique ; essoufflée, elle peinait cependant à se relever. Une deuxième décharge de ki lui donna le temps dont elle avait besoin… Et cette fois-ci, le choc fit effet. Une main plaquée sur le front, il tentait de reprendre ses esprits quand il sentit l’épée runique lui entailler la jambe. Le coup, porté en se relevant, était maladroit et imprécis, et Riven commençait à peiner… Elle ne prit pas de risques, sauta en arrière sur une anfractuosité plus élevée. Le samouraï avait eu le temps de se relever, et elle remarqua alors que son épée était teintée d’une aura bleue comme un ciel de printemps. Il chargea une fois de plus. L’exilée recula derrière un rocher pour brandir à deux mains sa lourde arme runique… La lame de Yasuo coupa le rocher. Le tranchant en semblait encore plus aiguisé… Il sauta sur le roc et frappa verticalement. Mais Riven était prête, et avait déjà attaqué. Les deux épées s’entrechoquèrent brutalement dans une pluie d’éclats bleus et émeraude, et le choc se répercuta violemment dans le bras de Yasuo. Il faillit lâcher son arme, mais tint bon. Et quand l’exilée tenta de s’engouffrer dans cette brèche, son pied la cueillit au plexus solaire, et elle ne parvint pas à arrêter un coup de taille qui lui lacéra le ventre. Puis un deuxième traça une entaille sur son bras… Elle parvint enfin à reculer suffisamment pour être hors de portée… La douleur était lancinante… et Riven était à bout de forces… mais sa détermination n’avait pas faibli. Autour d’elle, l’air crépitait d’énergie runique quand Yasuo vint pour porter le coup de grâce. Et utilisant toute la puissance de son ki, elle libéra une onde de vent émeraude, plus tranchante encore que sa lame… droit sur son adversaire. Deuxième frappe en l’air… L’épée du samouraï créa un mur de vent entre l’exilée et lui… et la taillade runique s’y brisa. Mais les extrémités de l’arc de vent fendirent le sol devant Yasuo, et le rocher sur lequel il se tenait tomba… Riven n’attendit pas. Elle bondit à sa suite, atterrit devant le samouraï, étendu au sol après avoir chuté avec son appui, et pointa son épée sur son cœur. Son armure émeraude était toujours aussi rutilante malgré le sang qui la souillait, et la flamme qui brillait dans ses yeux était plus impressionnante encore. – Tu as été un adversaire honorable, Yasuo. Peut-être le meilleur qu’il m’ait été donné de rencontrer. – Toi aussi, Riven… mais pourquoi fais-tu cela ? Comment peux-tu te battre avec autant de détermination quand tu défends une cause injuste ? – Je… commença l’exilée, hésitante. La flamme dans ses yeux vacilla ; Riven tituba, l’épée runique redevint la lame brisée qu’elle portait depuis deux mois. Et elle s’effondra. Yasuo s’était immédiatement redressé, et la retint. Elle posa une main contre sa blessure, et toussa pendant plusieurs secondes. Puis elle répondit finalement, dans un chuchotement tremblant : – Ce n’est pas moi… pas moi qui l’ai tué… – Quoi ?! – Je l’avais trouvé… et j’étais rentrée dans la salle où l’Ancien se trouvait… mais il est mort avant que je l’atteigne… – Il s’est donné la mort ? – Non… C’était… autre chose, qui l’a tué avant… – Alors qui ? Qui l’a tué, Riven ? – C’est… c’était… Ne trouvant pas les mots, elle détourna la tête avec un air découragé… mais elle savait. Elle savait ce qu’elle verrait. Puisant dans des ressources d’elle-même insoupçonnées, elle se dégagea, et pointa son épée vers *celui* qui leur faisait face. ___ ___ _Chapitre 3 : La vérité_ C’était un dragon, aux corps fait à la fois de nuages et d’écailles cuivrées. Des étincelles parcouraient ses griffes et sa crinière de nimbus, et son crâne doré était orné de cornes entourées d’un halo bleuâtre. Posté sur un promontoire rocheux, il les regardait d’un air à la fois moqueur et méprisant. Il ouvrit sa gueule – un feulement crissant emplit l’air, désagréable comme le raclement de l’acier sur le roc. Un rire. – Et qu’est ce que… c’est ? – Je n’en sais rien… La voix emplit alors leurs esprits. _« Qui je suis n’a plus d’importance. Ionia, en se drapant derrière une apparente dévotion et volonté de faire le bien, cache des atrocités que le monde ne peut se permettre de porter. Riven, ma présence ne te concerne pas. Tu peux partir. Ce sont les protecteurs d’Ionia qui doivent périr. »_ – Les Ioniens sont mes ennemis. Ils me traquent depuis deux mois. Ils veulent ma mort ! dénia Yasuo. _« Tu es leur ennemi. Mais ne crois pas que c’est réciproque. Tu ne cherches qu’à leur apporter la vérité. Tu veux recouvrer ton nom auprès d’eux. Tu veux te remettre à leur service. Malgré leur haine envers toi, c’est leur bien que tu veux. Et comme tel, je ne peux me permettre de te laisser en vie. Et tu aurais déjà été tué hier matin si un dragon noir ne s’était pas sacrifié pour vous téléporter en sûreté. »_ – Et de quoi accusez-vous Ionia, exactement ? _« Les Anciens prétendent veiller sur l’équilibre. Et ils le font… à l’extérieur de leur cité. Grâce à cela, Demacia ne s’en prendra jamais à eux. Et Noxus évitera de le refaire. Bilgewater n’est pas une menace pour eux… les seuls à pouvoir leur poser problème seraient les créatures des Îles et du Néant. »_ – Les îles ? _« Les Îles Obscures. Les créatures ne se préoccupant pas de l’équilibre… ou le combattant. Grâce à cette immunité, ce qui se passe dans la ville n’est inspecté de personne. Alors que les forces conjurées par les Anciens surpasseront bientôt les défenses que même Noxus et Demacia pourraient ériger. En secret, ils cultivent la magie noire. Ils développent des pouvoirs dont ils n’ont pas idée des limites… et qui se retourneront contre eux. Contre nous tous. Je les arrêterai. Et tu ne m’en empêcheras pas, samouraï. »_ – Mais pourquoi ? Pourquoi ne pas vous en prendre à eux, maintenant, directement, quand je ne peux de toute façon pas les aider ? Pourquoi avoir attendu la guerre pour tuer l’Ancien ? Et comment comptez-vous vous opposer à une faction entière ? _« Ils se sont protégés, derrière leurs barrières magiques. Pendant la guerre, les protections, encore incomplètes, n’étaient plus activées. Là, j’étais libre d’agir. Et si elle peut se cacher… une faction entière ne peut s’opposer à un dieu. »_ – Alors, dernière question. Pourquoi donner toutes ces informations à quelqu’un que vous considérez ennemi ? _« Une faction n’est rien face à un dieu. Un guerrier seul est insignifiant face à une faction. Tu n’es pas une menace pour moi, Yasuo. Et bientôt, tu ne seras pas non plus plus qu’un cadavre. Et les morts ont la mémoire courte. Si tu penses pouvoir me contredire, alors bats-toi. Tu auras peut-être l’honneur de réussir à me divertir un tant soit peu. »_ – J’ai un code d’honneur. Je ne m’y soustrairai pas. Et j’accepte de me battre. Riven lui toucha l’épaule. – Tu es sûr de toi ? – Certain, répondit-il avec un regard grave. Tu dois pouvoir me comprendre. Elle plongea ses yeux dans les siens avant de répliquer : – Je comprends parfaitement. Et je combattrai à tes côtés. – Tu en es encore en l’état ? – Je le serai. Ils se remirent en garde. Le champ de ruines, terne, n’avait pas conservé de trace de l’éclat du combat qui y avait eu lieu… mais c’était sans importance. Aucun des deux guerriers n’était plus sûr de la vérité… le passé n’avait plus de sens. L’avenir était au fil de leurs lames ; seul le présent comptait ! Le combat, qu’ils avaient tous deux appris à respecter. Une fois de plus, le temps était venu de l’honorer. Et de vaincre un dieu. _« Une décision courageuse. Ou plutôt téméraire. Vos vies sont insignifiantes devant la mienne… Mourez maintenant ! »_ Se dressant sur ses pattes arrière, il poussa un grondement sourd en direction du ciel. Et celui-ci lui répondit. Les cieux s’ouvrirent alors, des nuages calmes jaillirent des vents grondants, rugissant alors que la voûte céleste s’assombrissait… et une tornade naquît des éthers. L’air chargé d’électricité crépitait d’énergie, et des étincelles blanchâtres léchaient les bords du tourbillon. Et c’était vers les deux guerriers qu’il se dirigeait. Riven lança un regard apeuré à celui qui se devait pour l’instant être son allié. Il le vit, et lui signala de ne pas bouger. Elle obéit, confiante mais… craintive. Mais alors que la tornade fondait sur eux, il attrapa l’exilée par la taille et se jeta dans le vide avec elle… pour se rétablir sur une corniche quelques mètres en contrebas. Le cyclone arrachait des blocs de pierre entiers au plateau déjà dévasté. Si le dragon la contrôlait, il la laissa s’éloigner, galopante, sans leur causer de dommages. Riven s’apprêta alors à regagner la partie principale du plateau, mais le samouraï la stoppa une fois de plus… mais même depuis leur abri, ils ressentirent l’impulsion de vent générée dans le sillage de la tornade, qui balaya les rochers qu’elle avait déjà endommagés. Après deux autres secondes à rester encore immobiles par prudence, les deux guerriers gravirent le haut de la falaise, sautant sur les blocs de roche dépassant de la paroi, s’arrêtant à peine pour toucher le sol. Atteignant le plateau en premier, la Noxienne se rétablit d’une roulade. Le dragon l’avait attendue… et projeta dans sa direction une sphère ionique. Elle l’esquiva de justesse… puis une deuxième arriva ; une troisième, encore une autre… Se déplaçant avec agilité sur le terrain escarpé, elle volait entre les projectiles, sans qu’aucun ne pût l’atteindre. Mais dans ce déluge, la créature en lança un vers le samouraï qui se hissait sur le promontoire. Une lueur s’alluma dans l’œil de Riven qui se jeta devant lui, bloquant l’attaque en érigeant un bouclier runique. Quand la sphère l’atteignit, elle vacilla alors que les ondes électriques qu’elle n’avait pu parer s’infiltraient dans son corps, parcourant douloureusement chacun de ses muscles, chacune de ses veines. Sous le choc, le roc à ses pieds et derrière elle s’effrita… et elle vit un bout de la paroi s’en dissocier. Celui sur lequel Yasuo se tenait. Riven plongea, attrapa le bras de son allié ; une jambe au sol, elle l’attira vers elle. Les cailloux pointus écorchaient son genou... Le samouraï réussit à s’accrocher, et remonta sur la surface qui n’avait plus rien de plan. Et vit le dragon fondre sur eux depuis les hauteurs. Il plaqua immédiatement Riven au sol, et sauta vers le côté opposé à la falaise. Le monstre passa entre eux sans leur causer de dommages… Elle se remit rapidement debout, mais l’Ionien eut alors la certitude qu’ils ne s’en sortiraient pas tous deux vivants. ___ ___ _Chapitre 4 : Au cœur de la tempête_ Dès qu’elle se fut relevée, Riven fit à nouveau le vide dans son esprit. Elle ne devait se concentrer que sur une seule chose : son objectif. Son ennemi. La lame runique se reforgea une fois de plus, toujours aussi débordante du pouvoir runique dans lequel elle avait été créée. En trois bonds rapides, elle atteint le pic où le dragon s’était juché après sa charge. La surcharge de ki provoquée par sa plénitude déstabilisa le monstre, le repoussant brièvement en arrière. Il ne lui fallut que le temps d’un clin d’œil pour se raccrocher. Ne lui aurait fallu. Yasuo s’était élancé à la suite de la guerrière, et fit des vents une prison pour la créature, d’impalpables brises le maintenant immobile, suspendu dans les airs, comme s’il se fût agi de chaînes. Et ils frappèrent à l’unisson, l’épée runique se heurtant aux écailles dans un bruit cristallin sans même y laisser une marque, tandis que celle de l’Ionien fendit une infime mais profonde portion de la queue du monstre. Le samouraï commença à retomber des airs, mais Riven, campée sur son rocher, porta un deuxième coup… quand, d’une pulsion de ses ailes, le dragon brisa les chaînes de vent. L’onde de choc balaya les deux combattants qui s’écrasèrent contre le roc. Cette fois-ci, la lame noxienne avait percé l’armure écailleuse du monstre. Du sang noir coulait le long de sa gorge quand il se lança vers l’imprudente, et plaqua une patte contre elle pour la maintenir au sol. Yasuo voulut la rejoindre ; d’un simple regard, la créature avait invoqué une tornade autour de lui, le prévenant du moindre mouvement. De violentes bourrasques soufflaient du ciel noir, fouettant les deux guerriers sans importuner leur ennemi. Et la voix caverneuse s’éleva à nouveau dans leur cœur. _« Riven… Tu fuis ton passé parce qu’il t’a vu te battre pour une cause que tu ne soutenais pas. Contre des hommes, des femmes, des enfants que jamais tu n’aurais connus, et qui ne t’auraient fait aucun mal – ni à toi, ni à ceux que les principes que tu défends couvrent. Pourquoi, jeune présomptueuse, t’allies-tu aujourd’hui à celui dont la cause est cette fois celle du mal ? »_ – Des milliers d’humains, ou d’êtres pensants, ont été assassinés sous mes yeux. Nombreux l’ont été par ma main. Et de tous ces meurtres, je n’en ai jamais vu de plus lâches que ceux commis au nom de prétextes proclamés sans la moindre justification. Sans la moindre preuve. Dont le vôtre fait partie. _« Pourquoi un dieu se justifierait-il devant des humains ? Je connais la vérité. Je n’ai nulle obligation de la partager. Rien ne m’obligeait déjà à vous donner mes raisons. »_ – Et nulle obligation de _respecter_ cette vérité. Pourquoi devrait-on vous faire confiance ? _« Car pourquoi, sinon, vous aurais-je annoncé mes raisons de m’opposer à Ionia ? C’est une faveur que je lui ai faite, de lui dévoiler les raisons de sa mort. »_ – Ou n’était-ce pas plutôt pour que je ne l’aide pas ? Parce que vous craignez de nous affronter ensemble ? Un rire guttural résonna dans leur esprit alors que le vent sifflait à leurs oreilles. _« Je suis un dieu ! Les mortels ne sont que des insectes devant moi ! »_ Mais Riven était certaine d’avoir décelé quelque chose, dans son rire, qui n’aurait pas dû s’y faire entendre. Aurait-elle… raison ? – Alors pourquoi tentez-vous encore de me faire changer d’avis, dragon ? _« Je te donne une chance de vivre, insolente ! Saisis-la… ou meurs maintenant ! »_ – Jamais ! Une surpuissante décharge de ki fit replier ses pattes au dragon. Rugissant de douleur, il reprit toutefois très rapidement le contrôle de son corps… trop tard. La guerrière s’était échappée. S’abritant derrière une garde sans défaut, elle attendit qu’il bouge. De longues secondes passèrent. Yasuo était condamné à observer sans pouvoir intervenir… le dragon attaqua. Il fondit sur elle, griffes tendues, une aura électrique bleue illuminant son corps. Et Riven continua à attendre. Jusqu’à ce que ses griffes soient à un peu plus d’un mètre d’elle… Seconde décharge de ki, empêchant le monstre de frapper. Dans le même mouvement, elle lança une autre taillade de vent. L’onde émeraude ouvrit une nouvelle blessure dans le corps du dragon ; sans même avoir attendu que son adversaire soit touché, elle s’était élancée vers lui, protégée uniquement par un bouclier d’énergie runique. Elle prit appui sur sa jambe… Sur sa jambe blessée. Avec un cri de douleur, elle tomba à genoux, s’appuyant sur son épée avec ses bras tremblants… Le dragon n’attendit pas plus longtemps. ___ Yasuo essayait désespérément d’aider Riven. Le samouraï était coincé dans l’œil de la tornade, tous les mouvements qu’il tentait étaient inhibés comme par un magnétisme… Il se concentrait, cherchait un moyen de briser sa prison… Et le monstre poussa un nouveau rugissement. L’aura bleue autour de son corps s’intensifia, les nimbus croisant ses écailles prirent sa teinte… Et du ciel tomba un unique éclair, aveuglant de puissance pure. Droit sur l’exilée. Ce fut ce dont Yasuo avait besoin pour se libérer. La tornade se dissipa, le magnétisme s’effaça. A une vitesse incroyable, il se plaça à côté de son alliée, leva sa lame vers le ciel. – Faites face au vent ! Une barrière immatérielle apparut au-dessus d’eux, absorbant totalement la foudre. Marchant lentement en direction du dragon, il répondit finalement aux mots que son ennemi avait prononcés quand il était enfermé. – Ces techniques de vent que j’ai apprises sont l’héritage pur d’Ionia. Les manigances dont vous parlez ne m’ont pas échappé ; le murmure du vent ne manque aucun détail du monde. Et elles n’ont rien de ce que vous dites. Ce sont des vieux rêves brisés d’Anciens fous et séniles, qui ne retrouveront jamais la force d’être dangereux. Ce n’est rien par rapport à la face de la ville qui n’a pas été atteinte par la corruption. Mais vous n’êtes pas de ce côté. Riven l’a dit, vous vous réfugiez derrière des paroles pour cacher les faits. L’évidence de votre culpabilité. Vous prétendiez que leur magie noire allait détruire le monde ? Alors pourquoi la vôtre est-elle si facilement bloquée par l’héritage immaculé du vent ? _« Ha… Ha… Hahahahaha ! Ton raisonnement est intéressant. Mis à part sur un point. J’utiliserais la magie noire ? Ta magie serait pure ? Sais-tu, mortel… que cet héritage dont tu parles, provient de moi ? Je suis le dieu des cieux, celui par lequel le vent a acquis tout son pouvoir ! »_ Masquant sa surprise, le samouraï ne répondit rien, continuant à se déplacer autour de son adversaire. Celui-ci continua, amusé par la réaction. _« Oui, novice. C’est moi qui ai demandé à ton maître de trouver quelqu’un à qui il pourrait léguer ces techniques. Et voilà un piètre élève qu’il m’a ramené… incapable de discipline, cherchant à en faire trop sans même savoir faire le nécessaire. Une légère déception… »_ – Et pourquoi avoir tué l’Ancien, alors ? Pour l’équilibre du monde, ou par vengeance ? _« Mes intentions sont louables. Si je me venge, c’est parce que quelqu’un n’a pas suivi mes ordres. Et n’a donc pas servi le bien commun. Une question de plus… qui n’en est pas une. »_ – Les intentions de chaque dieu sont louables. De leur point de vue, en tout cas. Les intérêts d’une créature ne sont pas ceux du monde… et je ne vous fais pas confiance pour discerner le réel bien commun. _« Et ton avis ne compte pas. Il comptera encore moins après ta mort. »_ – Me tuer ? Essayez toujours. Riven s’était relevée. Le dragon cracha dans leur direction un souffle glacé, chargé d’électricité. Et d’une tempête d’acier, Yasuo le dissipa. Le tourbillon vint frapper le monstre, dissipant l’espace d’un instant sa crinière de nuages, répandant des fragments de métal partout autour de lui. Une deuxième tornade l’empêcha de se rétablir. Une troisième leur donna le temps de s’approcher. Il jeta un coup d’œil à son alliée ; elle comprit. A l’unisson, ils rassemblèrent leurs dernières forces pour un assaut final. Il fut extrêmement bref. Riven contourna le dragon, Yasuo frappa de front. Une seule fois. Un éclair jaillit de sa lame quand elle s’infiltra sous la carapace d’écailles… et la créature riposta malgré sa blessure. Ses serres ouvrirent trois sillons sanglants dans le ventre de l’Ionien. Il ne lutta pas, se laissa tomber. Mais l’exilée avait pu attaquer sans que leur ennemi se défende. Empalé par Riven, le monstre tomba à son tour, à côté de Yasuo. Elle courut vers le samouraï à terre, lui tendit une main pour l’aider à se relever. Sa tunique avait déjà viré au rouge. Il capta son regard interrogatif, commença par hausser les épaules. Il répondit finalement : – Mourir est le plus facile. Je ne céderai pas à la tentation de l’accepter. Soulagée, elle le remercia pour ce choix, avant d’ajouter : – Mon ami… tue-le. J’ai du sang sur les mains, trop de sang. Ce serait un meurtre sans signification pour moi. Un autre assassinat insensé… et je ne veux plus de cela. Je te laisse achever ta quête, et l’ennemi que tu as si longtemps pourchassé. Yasuo s’exécuta cérémonieusement, tandis que Riven restait un peu en retrait. Mais le vent lui souffla à l’oreille. Les mots qu’il lui apporta l’étonnèrent… _Quoi que tu aies vraiment été, je te pardonne tes forfaits. Je t’ai privé de ton futur, laisse-moi t’absoudre de ton passé. Tu seras bientôt en paix avec toi-même._ Son but enfin accompli, il la rejoint, et s’assit à côté d’elle. Les vents déchaînés s’étaient retirés pour laisser place à de calmes brises, les nuages noirs ne masquaient plus la lune et son ciel d’ébène. Seule la destruction totale du plateau, en ruines et noyé sous du sang rouge et noir, portait l’héritage de leur passé, de ce présent. Ils se relevèrent peu de temps après, et allèrent vers leur destination suivante, comme un frère et une sœur. Vers Ionia. --- --- --- ~~Si vous voulez la suite, oubliez pas de repasser sur ce post, je posterai la partie 2 bientôt ! (Soon™)~~ En espérant que ça vous a plu ;) (Et que vous aurez réussi à voir toutes les références, héhé) ~~**EDIT :** Partie 2 up ! Etant donné que j'ai rajouté quelque chose d'imprévu et que je commence à avoir sommeil, je ferai l'histoire en 3 parties. La 3e arrivera d'ici la fin de la semaine ;)~~ **EDIT 2 :** Chapitres 3 et 4 rajoutés ! L'histoire est enfin finie... et est six fois plus longue que je l'avais prévu. ___ ___ **[Attention, spoiler] :p** Et en bonus... Les 81 références dans l'histoire ! **Chapitre 1 - Paragraphe 1 : ** _Bravoure_ : Nom du E de Riven _Aussi rapide que le vent_ : Les techniques de vent, tout ça tout ça. _La rédemption n'était plus à leur portée_ : "La rédemption n'est plus à votre portée", taunt de Riven sous ulti. **Paragraphe 2 : ** _Le vent était toujours resté de son côté. Tout comme la mort._ : "La mort est comme le vent : toujours à mes côtés", phrase de sélection de Yasuo ! _Un vagabond n’était perdu nulle part._ : "A wanderer isn't always lost", phrase de mouvement de Yasuo. **Paragraphe 3 : ** _ [...] projeter une décharge de ki autour d’elle. Au bout d’une seconde presque entière [...]_ : Le stun du Z de Riven dure 0,75s. _Clarté_ : "A moment of clarity", phrase de mouvement de Riven (avec l'ultime). _Voler au milieu des Ioniens, portée par des ailes, des ailes étendues au-dessus du carnage et gonflées par le vent._ : Les "ailes brisées" de Riven n'avaient pas encore de raison de l'être. _Plonger au sol, et mobiliser son ki pour qu’il forme une barrière autour d’elle._ : Dash et shield du E de Riven. **Paragraphe 5 : ** _Les ailes de son cœur, brisées [...]_ : Nom du A de Riven (Ailes brisées) **Paragraphe 6 : ** _Ses assauts fulgurants [...]_ : Fulgur, fulguris ; la foudre. Et qui oublierait son Statikk sur Yasuo ? _L’épée et le vent mêlés en une tempête d’acier._ : Nom du A de Yasuo (Tempête d'acier) _Ce n’était que la mort, rien de sérieux._ : Phrase d'attaque de Yasuo (au présent) _Le vent [...] était encore le seul à ses côtés._ : "[...] Il ne me reste que le vent à mes côtés.", depuis l'écran de connexion de Yasuo. _Je suivrai ce chemin jusqu'à la fin._ : Phrase de mouvement de Yasuo. _Je refuse de fuir encore._ : Phrase d'attaque de Yasuo. _Il suivit le vent, surveillant toujours ses arrières._ : "Suis le vent, mais surveille tes arrières", phrase de mouvement de Yasuo. **Paragraphe 8 : ** _Pas un seul n'est resté à mes côtés._ : Encore une fois, écran de connexion de Yasuo. _Une attaque nécessaire._ : Phrase d'attaque de Riven. ___ **Chapitre 2 - Paragraphe 1 : ** _Taillader les rangs ennemis, [...] autant que le vent_ : Nom du 2e ultime de Riven (Taillade de vent) _Sa destination était claire, son but précis._ : "Je connais mon but."/"Fini d'hésiter.", phrases d'attaque de Riven avec l'ultime. _Une attaque nécessaire._ : Toujours phrase d'attaque de Riven. _Ce qui a été brisé peut être reforgé._ : Phrase de sélection de Riven ! **Paragraphe 2 :** _Cercle tranchant_ : Nom du E de Yasuo. _Qui généra une violente bourrasque_ : Combo E + 3e A de Yasuo. _Le samouraï s’élança en l’air, porté par le vent ; toujours en suspension, il donna trois précis coups d’épée avant de retomber au sol._ : L'ultime de Yasuo ! _Dernier soupir_ : Nom de ce même ultime. _Son frère, son ami et son guide_ : Extrait du Chemin de la Ruine (trouvable sur le wikia de Yasuo, dans l'historique). _Il était disgracié._ : Yasuo, _le disgracié_. _Tailla une petite flûte dans le bois [...] le souffle du vent tournoyant autour de lui_ : Cf. danse de Yasuo. _Volonté et détermination seraient son arme et son bouclier._ : Volonté est le nom du passif de critiques de Yasuo, détermination celui du bouclier de son passif. _Sa lame paraissait toujours si lourde_ : Cette lame parait toujours si lourde, phrase de mouvement de Yasuo. _Il refusait de fuir encore_ : Comme avant, phrase d'attaque. **Paragraphe 3 :** Plein, plein de répliques des deux personnages ! Je vais juste les trier par personne, du coup. *Yasuo :* "Tu ne peux te fuir toi-même, Riven. J’ai essayé." "Je vais mettre fin à tes souffrances." "L’esprit reste aussi brisé que la lame." : "Lame brisée, esprit brisé." "Qu’est-ce qui pèse le plus, Riven ? Ta lame, ou ton passé ?" *Riven :* "Je n’ai pas perdu mon courage." "Le fardeau du passé." "J’ère depuis si longtemps." "Au nom du bien." "Me voilà éveillée." "Il n’y a pas d’autre choix." "Je connais maintenant mon but." *Autres références:* _Mes ailes sont brisées._ : Nom du A de Riven. _Les runes gravées sur le lame luisirent, et du fragment brisé, dans un bruit limpide, l’arme se reforgea._ : L'ultime de Riven ! _L’éclat d’émeraude des runes s’infiltrait dans les fissures du sol_ : Le A de Riven fait brièvement apparaître des marques vertes au sol. _Se fendit d’un geste foudroyant._ : A + statikk de Yasuo. _Bondit en avant. Frappa depuis les airs…_ : E + A de Yasuo. _Lança une décharge de ki. Le samouraï fut stoppé net._ : Les stuns ont toujours interrompu le dash de Yasuo ! _Et sauta. Vers son adversaire. Son ki causa une explosion runique. Yasuo fut expulsé, et tomba au sol._ -> 3e A de Riven. _Une tornade naquît devant le samouraï_ : 3e A de Yasuo. _Avant même qu’elle n’ait touché le sol, il l’avait rejointe et porta trois coups dans les airs pour finalement la projeter sur le rocher._ : Encore l'ultime de Yasuo. _En élevant une barrière runique [...]_ : E de Riven. _[...] deuxième décharge de ki [...]_ : Z de Riven. _Son épée était teintée d’une aura bleue_ : Buff de l'ultime de Yasuo. _La lame de Yasuo coupa le rocher. Le tranchant en semblait encore plus aiguisé…_ : Buff de l'ultime de Yasuo (+50% armor pen bonus). _Elle libéra une onde de vent émeraude_ : 2e R de Riven. _L’épée du samouraï créa un mur de vent entre l’exilée et lui_ : Z de Yasuo. ___ **Chapitre 3 :** La description au début est naturellement celle d'Ao Shin ;) Les desseins d'Ionia sont inspirés du comic Zed x Syndra ^.^ _Se jeta devant lui, bloquant l’attaque en érigeant un bouclier runique._ : E de Riven. ___ **Chapitre 4 - Paragraphe 1 :** _La lame runique se reforgea une fois de plus, toujours aussi débordante du pouvoir runique dans lequel elle avait été créée._ : 1er R de Riven. _Trois bonds rapides [...] le repoussant brièvement en arrière._ : Les trois A de Riven. _Le temps d’un clin d’œil_ : Le knock-back du A de Riven est très court. _Fit des vents une prison pour la créature, d’impalpables brises le maintenant immobile, suspendu dans les airs, comme s’il se fût agi de chaînes._ : Encore l'ultime de Yasuo, 30s de cooldown c'est pas énorme en late game. _Fendit une infime mais profonde portion de la queue du monstre._ : Armor pen bonus, de l'ultime de Yasuo. _Le dragon brisa les chaînes de vent._ : ... après le temps d'une attaque. La suspension de l'ultime de Yasuo dure une seconde. _Une surpuissante décharge de ki fit replier ses pattes au dragon._ : Combo Z + tiamat de Riven. _Jusqu’à ce que ses griffes soient à un peu plus d’un mètre d’elle…_ : Le Z de Riven a 135 de portée avec l'ultime, soit théoriquement environ 1m35. _Seconde décharge de ki, empêchant le monstre de frapper._ : Lancer le stun juste avant la fin de l'animation d'une attaque adverse permet d'en maximiser l'efficacité. _Lança une autre taillade de vent [...] s’était élancée vers lui, protégée uniquement par un bouclier d’énergie runique [...]_ : Combo 2e R - E de Riven. _Avec un cri de douleur, elle tomba à genoux, s’appuyant sur son épée avec ses bras tremblants…_ : C'était l'image qui m'était en premier venue à l'esprit, mais il s'avère que c'est aussi l'animation de mort de Riven. **Paragraphe 2 : ** _Faites face au vent !_ : Ces paroles, que tout le monde adore, que Yasuo peut prononcer en lançant son Z. _Une barrière immatérielle apparut au-dessus d’eux, absorbant totalement la foudre._ : Et le Z en question. _ [...] d’une tempête d’acier [...] Le tourbillon vint frapper le monstre [...]_ : Troisième A de Yasuo. _Un éclair jaillit de sa lame._ : Toujours le Statikk. _Mourir est le plus facile._ : Phrase de mouvement de Yasuo. _J’ai du sang sur les mains_ : Phrase de mouvement de Riven. _Tu seras bientôt en paix avec toi-même._ : Phrase d'attaque de Yasuo.
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